Source: Journal des soins infirmiers. | Plus de 120 infirmières évalueront l'état des centres de santé espagnols en termes de biosécurité à ce jour pour préparer un rapport qui dénoncera publiquement les carences détectées et proposera les mesures nécessaires pour améliorer la situation. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du nouvel Observatoire de la Biosécurité lancé par le Conseil de la profession infirmière - composé du Conseil général des soins infirmiers (CGE) et du syndicat SATSE - et qui vise à analyser la situation actuelle.
Lors d'une réunion constitutive, les infirmières sentinelles, venues de tout le pays, ont appris ce que sera désormais leur rôle dans cet observatoire. "Le rôle de ces collègues sera de collecter des données et des informations sur la situation dans laquelle se trouvent les centres de santé de leur zone correspondante dans le domaine de la biosécurité (accidents de ponction, instruments tranchants, degré d'implantation des dispositifs appropriés, formation spécifique ...) à pouvoir ainsi donner les premiers résultats préliminaires dans un délai d'un mois et, plus tard, présenter un rapport de conclusions avant la fin de l'année », explique José Luis Cobos, directeur de l'Observatoire des soins infirmiers du CGE.
Du Conseil d'administration, ils dénoncent qu'il y a actuellement peu de mise en œuvre des mesures de sécurité nécessaires pour protéger les infirmières, depuis six ans seulement après l'approbation de la directive de l'Union européenne établissant les mesures nécessaires pour la prévention blessures causées par des instruments tranchants et pointus (10 mai 2010), «la majorité des administrations et des entreprises qui gèrent des centres privés l'ont ignorée», explique Rafael Reig, secrétaire général à l'action syndicale de la SATSE.
Lors de l'analyse de la situation que ces infirmières mèneront dans les mois à venir, les données obtenues seront incorporées dans un outil informatique pour les rassembler et par la suite être en mesure de présenter le «Rapport sur l'état de la situation et la mise en œuvre de la biosécurité dans le Système national de santé », qui, en plus de signaler les carences, proposera des mesures aux administrations correspondantes. Ce projet est une étape importante au niveau européen, car c'est le premier observatoire infirmier de ces caractéristiques à être créé dans l'Union et les représentants du Conseil espèrent pouvoir l'exporter prochainement dans d'autres pays. «Il est très important que ces infirmières nous parlent de tout ce qu'elles détectent, car elles sont un élément clé et fondamental pour que ce travail se déroule bien», souligne Cobos. Pour les personnes en charge de cette tâche, c'est une bonne nouvelle que cet Observatoire soit créé car "outre l'évaluation de la situation, il est très important d'inculquer aux professionnels ce besoin de prendre soin d'eux-mêmes, en évitant ces accidents et les conséquences qu'ils peuvent entraîner" , déclare Irene Costa, infirmière de la zone de santé d'Ibiza et de Formentera.
«Il est essentiel de se rappeler que les infirmières, en tant que professionnels les plus proches du patient, constituent un groupe particulièrement touché par ces blessures, qui portent une forte probabilité de contagion de plus de vingt virus potentiellement mortels, dont l’hépatite B ou C ou VIH », déclare José Luis Cobos, qui souligne donc la nécessité d'un strict respect des règles de biosécurité.

